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La faim du monde

avril 22, 2008 · Laisser un commentaire

J’ai été frappé de plein fouet par la crise alimentaire, pas que j’en ai souffert, non, mais parce que le premier article que j’ai vu sur le sujet concernait l’Égypte, et que je dois m’y rendre dans les prochaines semaines. Mon côté égoïste s’est montré inquiet pour la tenue du voyage et mon côté altruiste s’est demandé si je pouvais faire quelque chose et a démontré de la compassion pour ces gens qui mettent plus de 60% de leur revenu dans la nourriture. Ici, c’est un maigre 15-20 % en moyenne.

 

Nombreuses sont les causes de ce déséquilibre. En Égypte, c’est un cas particulier. Le blé est acheté par l’état et revendu aux boulangeries. Celles-ci offrent donc du pain “subventionnés” aux plus nécessiteux. La hausse du prix du blé à pousser plus de gens vers le pain subventionné. C’est pour cela que les files augmentent et que parfois dans l’attente et l’impatience les gens en viennent aux bras, d’où la dizaine de personnes tuées dans des émeutes. Un ami égyptien m’a aussi parlé de la corruption. Plusieurs des boulangeries subventionnées offriraient du pain sur le marché noir, diminuant l’offre.

 

Ces pratiques propres à ce pays sont peut-être responsables d’une partie de la cohue, mais c’est l’augmentation du prix du blé qui est la cause de la pénurie. À ce niveau, le problème est beaucoup plus global. D’un côté, on blâme l’utilisation de ressources agricoles pour la production d’énergie propre, tel que les champs de maïs aux États-unis pour l’éthanol et la quasi-autarcie énergétique du Brésil avec ses champs de cannes à sucre. Puis de l’autre côté, on blâme les subventions agricoles qui font que pour un habitant du Sénégal, il est moins coûteux acheter des légumes français que de faire sa propre production. Ceci nuit à l’agriculture des pays non subventionnés. Les États-unis se retrouvent  souvent sur le banc des accusés, par contre comme le montre cet article, que le pays le plus subventionné est le japon, suivi par plusieurs pays européens. Le Canada et les États-unis font bonne figure dans ce palmarès.

 

Plusieurs spécialistes prévoyaient cette crise. L’aide offerte par plusieurs gouvernements aidera les populations dans le besoin. Par contre, le problème de fond persiste. Pour le régler, il faudra outiller les pays les plus pauvres, pour qu’ils puissent garantir une partie de leur alimentation et ne pas dépendre entièrement des pays riches.

 

Il faudra aussi régler une bonne fois pour toute cette question épineuse des subventions agricoles. Cela peut sembler la panacée, mais en enlevant les subventions qu’arrivera-t-il de nos agriculteurs? Assisterons-nous à une autre flambée des prix, où en fait, les prix des aliments refléteront leur vraie valeur? Nos agriculteurs déserteront-ils les champs? Et, combien de temps avant que l’impact ne se fasse sentir dans les pays défavorisés?

Catégories : Actualité
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