Lapageblanche’s Weblog

Entrée de octobre 2008

À l’ouest de Pluton

octobre 12, 2008 · Laisser un commentaire

Pour ma première visite au Festival du Nouveau cinéma, je suis allée voir le seul film québécois choisi dans la Sélection internationale : À l’ouest de Pluton. Hier soir, c’était soir de première et pour l’occasion, les réalisateurs, Myriam Verreault et Henry Bernadet, étaient présents. Le programmateur du Festival, Claude Chamberlan ,n’avait que de bons mots pour eux. Visiblement contents et émus de voir leur film projeté sur grand écran, les deux réalisateurs ont remercié les artisans et tous ceux qui avaient contribué à ce film qui a été fait avec un budget assez limité.

 

Dans la salle, les jeunes acteurs, sélectionnés à même le lieu du tournage, une polyvalente de Québec, étaient tous bien excités et anxieux de ce voir à l’écran. Le film ayant été tourné il y a deux ans, il était parfois difficile de reconnaitre les acteurs, c’est qu’on change rapidement à cet âge, autant intérieurement qu’extérieurement.

 

 

L’histoire se passe dans une petite banlieue dans le quotidien d’un groupe d’adolescents. Le film les suit pendant vingt-quatre heures. C’est une histoire dirigée, mais cela à presque la forme d’un documentaire tellement les jeunes jouent vrais, avec leur langage propre et leur façon d’être naturelle. C’est une visite dans le « vrai monde » et non, dans un univers fictif de « film d’ado ». Et l’histoire? Pas de gros drames, pas de suicide, pas de drogue dure, comme veulent le montrer souvent les films sur les ados qui se montrent réalistes. Juste les moments quotidiens d’une gang de jeunes qui vivent leur vie normale.

 

Je dirais que le film est un des portraits les plus réalistes sur les jeunes que j’ai pu voir dans ma vie. D’ailleurs, le film m’a ramené à ma propre adolescence dans la banlieue. Traîner dans les rues, faire quelques mauvais coups, aller à des petites fêtes improvisées, et chercher l’amour… Les dialogues me rappelaient des conversations sérieuses mais, ô combien ridicules aujourd’hui, que nous pouvions avoir sur la vie. C’est un moment de découvertes où la personnalité se construit, le film le montre bien.

 

Le lien avec Pluton n’est pas nécessairement clair dans le film comme me l’ont rappelé mes compagnons de cinéma. C’est vrai. Cependant, la musique et les images de la navette contribuent à mettre une aura de mystère au film, comme si cette nuit-là était vraiment spéciale.    

 

Je crois que les jeunes vont se reconnaitre dans ce film. À moins qu’ils aient tellement changé en deux ans! Pour les plus vieux, comme moi, ce film va vous remettre votre cerveau en ligne avec les émotions de vos 16 ans pour un court moment. Et pour les un peu plus vieux encore, le film vous mettra en contact avec les jeunes qui « chill » dans votre sous-sol et vous verrez que malgré le look et l’attitude, l’adolescence c’est encore la même vieille histoire.

Catégories : film
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Wild Swans : Three Daughters of China – Jung Chang

octobre 7, 2008 · Laisser un commentaire

Les cygnes sauvages : les mémoires d’une famille chinoise de l’Empire céleste à Tian’an-men 

J’aime bien les biographies surtout celles qui sont historiques, car elles nous fournissent un petit cours d’histoire sans avoir à se casser la tête. C’est pourquoi j’ai été attiré par le livre de Jung Chang. En fait, c’est la biographie de sa grand-mère puis de sa mère et ça se poursuit avec son autobiographie. Toute la saga familiale retrace la révolution chinoise. En parallèle, on suit l’évolution de la politique de Mao et surtout ses effets sur les citoyens.

 Mao Zedong

Difficile de résumer en quelques lignes une saga de 500 pages et qui multiplie les détails pour raconter le quotidien du peuple chinois, particulièrement dans les années 1960 et 1970.

 

 L’histoire de la grand-mère raconte la vie avant la révolution. Très jeune concubine d’un seigneur de guerre, elle réussit à sauver sa fille des griffes de la première épouse, survit à l’invasion japonaise et du Kuomintang, trouve l’amour auprès d’un docteur beaucoup plus âgé qu’elle et réussit à faire éduquer sa fille, la maman de Jung Chang.

 

 La maman de Jung est une bonne écolière engagée très tôt auprès des communistes. Elle y rencontre son mari. Les deux sont très militants et croient de tout leur cœur que le parti communiste réussira à améliorer le sort des chinois. Ce dernier est un officiel du parti et adopte une ligne de pensée très rigide, jamais il n’utilisera son statut pour concéder des faveurs à sa femme.

 

 Peu après la famille s’agrandit, ils auront quatre enfants, deux garçons, deux filles. Il s’installe avec la grand-mère qui aidera beaucoup dans l’éducation des enfants. Malgré quelques tensions et un séjour en prison pour la mère de Jung, l’enfance des quatre petits semblent assez heureuse.

 

 Cependant tout se corse avec l’arrivée de la Révolution Culturelle. Tout devient politique, et la personnalité de Mao envahit tous les détails de la vie des chinois. L’école est sans dessus dessous. Les professeurs se font remettre (violemment) à leur place par les étudiants. Jung n’est pas à l’aise dans ce nouveau style de vie, où vendettas personnelles sont fréquentes, et où ses parents en font souvent les frais.

 

 La vie est dure, et Jung est témoin des horreurs de l’histoire. Le livre est plein d’anecdotes à nous faire hérisser le poil des bras. L’idéal communiste est détruit sous nos yeux et le doute s’installe tranquillement dans le cœur de Jung dont le cerveau a été conditionné depuis qu’elle est toute petite.

 

 Grâce à des contacts de sa mère, Jung réussit à aller à l’université qui est rétablie vers 1970 à sa plus grande joie. Cependant, tout n’est pas comme elle l’espérait l’instruction étant accessoire à la vie politique et la performance plutôt mal vue. Cependant, cela lui donnera finalement la chance de sa vie lorsqu’elle reçoit une bourse pour aller étudier à l’étranger.

 

 J’ai beaucoup aimé ce livre, même si j’avais l’impression d’avancer à pas de tortue. C’est un véritable témoignage de l’ère de Mao en Chine, et l’histoire va bien au-delà de celle de la famille de Jung. Il s’agit presque d’un mémoire de toutes les atrocités commises dans leur entourage. Le fait que le livre soit étoffé nous permet de voir tous les changements psychologiques qui arrivent à Jung, à son père et à sa mère. Tous se dirigent vers une certaine désillusion. Cela semble plus dur pour les parents qui ont choisi de croire en cette idéologie. Pour Jung, c’est différent, elle a de la difficulté à se défaire de comportement et d’une façon de pensée acquise à son plus jeune âge. Mais, contrairement à ses parents, ce n’est pas sa génération qui a combattu pour le communisme.

 

Bref, une saga exceptionnelle.

 

Et en plus, ça compte pour mon défi lecture et cela fait partie de la liste des 1000 livre qu’il faut avoir lu.   

 

 

 

Catégories : 1000 livres · Livre
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