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Articles classés sous ‘1000 livres’

Sourire de loup – Zadie Smith

août 11, 2009 · Laisser un commentaire

moyen_Zadie_Smith_Sourires_de_loup_323Pendant ma lecture de Sourire de loup, j’ai eu l’impression de faire un voyage, physique et temporel. Il faut dire que l’histoire se passe presque exclusivement en Angleterre. Dans les banlieues d’immigrants aux odeurs de curry. On y suit l’histoire de deux amis, Archi, l’anglais et Samad, le bengali qui se sont connus durant la Deuxième guerre mondiale. Le roman débute dans les années soixante-dix, quoique nous avons droit à de nombreux flashbacks. Se greffent ensuite à l’histoire, leurs deux femmes plus jeunes. Clara, la jamaicaine que mariera Archie, et Alsana, la femme promise à Samad. Puis viendront les enfants, la jeune Irie et Magid et Millat, les jumeaux, tous du même âge.

 À mesure que le roman avance, on comprend que tous les membres des deux familles sont les personnages principaux. On entre dans la tête de tout le monde et on découvre la famille sous tous ses angles. Bien sûr, les conflits sont nombreux entre la première et la deuxième génération d’immigrants. Plusieurs sujets y sont abordés: intégration, racisme, religions, fondamentalisme etc… Bien, que le roman soit sombre au début, on finit par s’attacher aux personnages et à s’intéresser à leurs histoires. Par contre, bien qu’il soit intéressant que l’auteur explore l’histoire sur plusieurs angles via les différents personnages, j’ai trouvé qu’elle s’éparpillait un peu trop. Elle aurait gagné à en faire un peu moins et à peaufiner certains des personnages principaux. Pas que le portrait soit inintéressant, loin de là, mais on voudrait découvrir encore plus les desseins des personnages.

 J’ai bien été impressionnée quand j’ai su que l’auteure n’avait que 25 ans lors de la publication de son livre, un pavé de plus de 500 pages. Bien qu’imparfait, le livre était très intéressant et a réussi à me divertir. Et il fait parti de la liste des 1000 livres qu’il faut avoir lu dans sa vie.

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Marguerite Duras, pour le meilleur et pour le pire

mars 16, 2009 · Laisser un commentaire

J’ai récemment lu deux livres de Marguerite Duras : Un barrage contre le Pacifique et Le vice-consul. Autant j’ai aimé le premier, autant le deuxième a été difficile à apprécier.

Disons d’abord que j’ai un biais favorable pour l’auteur dont j’ai adoré l’Amant, l’Amant de la Chine du Nord (même histoire remodelée) et Le marin de Gibraltar. J’aime son écriture sans fioriture, directe et crue. J’aime le fait que ses personnages soient ce qu’ils sont, sans masque. Dans Un barrage contre le Pacifique, j’ai retrouvé l’Indochine et des personnages similaires à ceux de l’Amant. Ce qui est prévisible quand on sait que ces deux livres sont hautement inspirés de la vie de Marguerite Duras.

 

On retrouve ici le frère et la mère. Encore une fois, le frère est préféré par la mère et la mère n’a pas assez d’argent pour faire vivre sa famille. Elle a donc mené une vie de dure labeur pour finalement se faire rouler par l’état (les cadastres)  en achetant avec toutes ses économies, des terres non-cultivables, inondées années après années par l’océan Pacifique. L’histoire est celle d’une famille ayant rêvé de la colonie qui se retrouve sans le sous dans cette Indochine qui n’a plus rien à faire d’eux. L’obsession de l’argent guide leurs actions et la famille se perd un peu plus à chaque jour. Souvent froids et calculateurs, on se questionne souvent sur les choix que font ces gens, qui parfois, semblent perdre leur morale..


Ce livre est un incontournable pour ceux qui aime l’univers Duras. D’ailleurs, c’est l’histoire de sa mère qu’elle raconte dans ce livre. J’ai d’ailleurs vu qu’un film allait bientôt sortir avec Isabelle Huppert dans le rôle de la mère (le 15 mai à Montréal). J’ai bien hâte de le voir et en espérant qu’il soit à la hauteur de L’Amant (de Jean-Jacques Annaud).

barrage-pacifique

Pour ce qui est du Vice-consul, j’ai trouvé l’histoire difficile à suivre. On y parle du Vice-consul de Lahore qui a perdu son poste à cause d’horreurs qu’il a fait, soit, supposément, (on ne le saura jamais) tirer sur des lépreux et des chiens dans un parc de la ville. Il se retrouve a Calcutta et crée l’émoi dans la haute société tournant au tour de la femme de l’ambassadeur. En parallèle, on suit l’histoire d’une mendiante d’Indochine, chassée de chez elle parce qu’enceinte, qui donnera son bébé, et marchera ensuite jusqu’à Calcutta. Elle chante la nuit et intrigue la haute- société de Calcutta.


Bref, bien que sans dessus-dessous, l’histoire semble plus claire dans mes mots que dans ceux de l’auteur. J’ai espéré jusqu’à la fin découvrir un fil conducteur et je ne l’ai pas trouvé. Une visite sur internet m’a permis de trouver des analyses, et une d’elles dit que Marguerite Duras travaille tout le long du roman pour qu’on ne sache pas qui est le narrateur. C’est vrai, c’est différent, mais ça n’apporte strictement rien au récit. Peut-être un pas de plus pour la littérature, mais pas pour mon intérêt.

 

Bref, j’aurais voulu aimé plus, parce que souvent les descriptions, les ambiances créés étaient prenantes et saisissantes. J’ai eu plusieurs fois l’impression de m’approcher de quelque chose de profond ou d’émouvant, mais cela me fuyait toujours entre les doigts.

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L’attrape-coeurs – J.D. Salinger

février 9, 2009 · Laisser un commentaire

Le livre L’attrape-coeurs de J.D. Salinger est un roman culte sur l’adolescence publié en 1951. Il raconte l’escapade de Holden Caulfield à New York avant les vacances de Noël, alors qu’il a peur d’annoncer à ses parents qu’il s’est (encore) fait renvoyer de son collège privé. Le livre, qui fait partie des 1000 livres qu’il faut avoir lu, m’avait été conseillé à plusieurs reprises

 

Je dois d’emblée dire que le style du livre m’a déplu. L’histoire est raconté par un adolescent avec leur langage familier et leurs expressions particulières. La traduction française n’a pas aidé; j’avais l’impression d’être dans un mauvais film français, avec des expressions qu’on n’utilise jamais comme “la môme” pour identifier n’importe quel personnage féminin de 10 à 30 ans. Tel que montré sur wikipédia: “Rien que sur la première page, on trouve « mon enfance pourrie », « toute cette salade », « ma saleté d’autobiographie » et « ce truc idiot ».  Bref, une écriture horrible comme j’ai rarement vu. J’en ai même lu des extraits à haute voix durant les Fêtes  et je me suis fait supplier d’arrêter. Personne ne comprenait que je m’acharnais à terminer ce livre.

 

J’ai lu, sur wikipédia entre autre, des analyses sur le livre. Roman de découverte et d’émancipation, sûrement très innovateur à l’époque, mais moins impressionnant au 21e siècle. Par contre,  je peux comprendre son importance dans l’histoire était donné le langage et l’attitude du personnage qui devait être vraiment marginal à l’époque. On dit même que le livre était à l’index et qu’un professeur s’est fait renvoyer (bien qu’il ait été réintégré plus tard) après avoir mis le livre à son programme.

 

Par contre, je n’aurais pas mis le livre parmi mes favoris. Du moins, pas la version française.

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Jane Eyre – Charlotte Brontë

décembre 4, 2008 · Laisser un commentaire

eyreJane Eyre est souvent dans les livres préférés des blogueurs, se retrouve sur toutes sortes de palmarès, dans la liste des 1000 livres qu’il faut avoir lu et aussi dans la liste de mon défi lecture. D’ailleurs, c’est un peu à cause de sa popularité que je l’ai choisi. Ce livre méritait-il toute l’attention qu’il avait? Où était-ce un autre roman d’amour sirupeux à la Dame au Camélia ou Madame Bovary que j’ai lu ce printemps? Je dois dire que j’étais pleine d’appréhension et le livre, écrit en petits caractères avec une peinture ennuyante comme couverture, n’aidait pas à augmenter l’attrait.  Mais bon, je suis plus forte que 600 pages de petits caractères et j’ai passé à travers. Je ne l’ai pas regretté. Jane Eyre est une vraie héroïne. Sans qualité apparente, elle sait se faire aimer et sortir son épingle du jeu grâce à ses valeurs et à son esprit vif. J’ai adoré le personnage. Même si l’histoire et les valeurs sont d’une autre époque, j’ai pu m’identifié à elle, comme on le fait aujourd’hui avec des héroïnes modernes tel Bridget Jones. Je peux facilement imaginer des jeunes filles de l’époque savourant ce roman et rêvant d’un destin à la Jane Eyre.

 

Bien que plusieurs personnes préfèrent les romans contemporains pour la fluidité du langage, Jane Eyre ne m’a pas paru lourd. Bien sûr (la traduction française) utilise un français moins utilisé de nos jours, mais le roman n’est pas alourdit inutilement par des descriptions qui ne finissent plus, comme l’est l’interminable Madame Bovary.

 

Bref, j’ai beaucoup aimé et j’ai bien apprécié le fait que je ne connaissais pas l’histoire et que le roman a su me surprendre à plusieurs reprises. D’ailleurs, si vous avez l’édition du Livre de Poche, ne lisez surtout pas le résumé à l’arrière du livre, il contient des « spoilers ».

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1000 livres qu’il faut avoir lus

novembre 12, 2008 · Laisser un commentaire

Je sais que beaucoup de lecteurs arrivent sur mon site en raison du fait que je parle des « 1000 livres qu’il faut avoir lus ». J’imagine que bien des lecteurs cherchent cette liste. Je n’ai pas l’intention de saisir toute cette liste, mais pour ceux qui sont intéressés, on trouve ici la liste de la version anglophone du livre : “1001 Books You Must Read Before You Die”. La liste n’est pas identique. Par exemple dans la version française, on retrouve Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy et un livre de Michel Tremblay, mais pas en anglais.

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Wild Swans : Three Daughters of China – Jung Chang

octobre 7, 2008 · Laisser un commentaire

Les cygnes sauvages : les mémoires d’une famille chinoise de l’Empire céleste à Tian’an-men 

J’aime bien les biographies surtout celles qui sont historiques, car elles nous fournissent un petit cours d’histoire sans avoir à se casser la tête. C’est pourquoi j’ai été attiré par le livre de Jung Chang. En fait, c’est la biographie de sa grand-mère puis de sa mère et ça se poursuit avec son autobiographie. Toute la saga familiale retrace la révolution chinoise. En parallèle, on suit l’évolution de la politique de Mao et surtout ses effets sur les citoyens.

 Mao Zedong

Difficile de résumer en quelques lignes une saga de 500 pages et qui multiplie les détails pour raconter le quotidien du peuple chinois, particulièrement dans les années 1960 et 1970.

 

 L’histoire de la grand-mère raconte la vie avant la révolution. Très jeune concubine d’un seigneur de guerre, elle réussit à sauver sa fille des griffes de la première épouse, survit à l’invasion japonaise et du Kuomintang, trouve l’amour auprès d’un docteur beaucoup plus âgé qu’elle et réussit à faire éduquer sa fille, la maman de Jung Chang.

 

 La maman de Jung est une bonne écolière engagée très tôt auprès des communistes. Elle y rencontre son mari. Les deux sont très militants et croient de tout leur cœur que le parti communiste réussira à améliorer le sort des chinois. Ce dernier est un officiel du parti et adopte une ligne de pensée très rigide, jamais il n’utilisera son statut pour concéder des faveurs à sa femme.

 

 Peu après la famille s’agrandit, ils auront quatre enfants, deux garçons, deux filles. Il s’installe avec la grand-mère qui aidera beaucoup dans l’éducation des enfants. Malgré quelques tensions et un séjour en prison pour la mère de Jung, l’enfance des quatre petits semblent assez heureuse.

 

 Cependant tout se corse avec l’arrivée de la Révolution Culturelle. Tout devient politique, et la personnalité de Mao envahit tous les détails de la vie des chinois. L’école est sans dessus dessous. Les professeurs se font remettre (violemment) à leur place par les étudiants. Jung n’est pas à l’aise dans ce nouveau style de vie, où vendettas personnelles sont fréquentes, et où ses parents en font souvent les frais.

 

 La vie est dure, et Jung est témoin des horreurs de l’histoire. Le livre est plein d’anecdotes à nous faire hérisser le poil des bras. L’idéal communiste est détruit sous nos yeux et le doute s’installe tranquillement dans le cœur de Jung dont le cerveau a été conditionné depuis qu’elle est toute petite.

 

 Grâce à des contacts de sa mère, Jung réussit à aller à l’université qui est rétablie vers 1970 à sa plus grande joie. Cependant, tout n’est pas comme elle l’espérait l’instruction étant accessoire à la vie politique et la performance plutôt mal vue. Cependant, cela lui donnera finalement la chance de sa vie lorsqu’elle reçoit une bourse pour aller étudier à l’étranger.

 

 J’ai beaucoup aimé ce livre, même si j’avais l’impression d’avancer à pas de tortue. C’est un véritable témoignage de l’ère de Mao en Chine, et l’histoire va bien au-delà de celle de la famille de Jung. Il s’agit presque d’un mémoire de toutes les atrocités commises dans leur entourage. Le fait que le livre soit étoffé nous permet de voir tous les changements psychologiques qui arrivent à Jung, à son père et à sa mère. Tous se dirigent vers une certaine désillusion. Cela semble plus dur pour les parents qui ont choisi de croire en cette idéologie. Pour Jung, c’est différent, elle a de la difficulté à se défaire de comportement et d’une façon de pensée acquise à son plus jeune âge. Mais, contrairement à ses parents, ce n’est pas sa génération qui a combattu pour le communisme.

 

Bref, une saga exceptionnelle.

 

Et en plus, ça compte pour mon défi lecture et cela fait partie de la liste des 1000 livre qu’il faut avoir lu.   

 

 

 

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Simone de Beauvoir – Les Mandarins Tome 1

avril 29, 2008 · 2 commentaires

Les Mandarins, tome 1Le 100e anniversaire de naissance de Simone de Beauvoir a fait couler beaucoup d’encre cette année. Une photo la montrant nue, de dos, aura aussi contribué à ce qu’on en parle jusqu’au Québec. Bien que le nom soit assez connu ici, peu connaisse l’ensemble de son œuvre. Et il s’agit d’un « nous » inclusif puisqu’à part le fait que ce soit une grande féministe, je ne savais rien d’elle, mis à part son mariage avec Sartre (dont je ne sais rien de plus, si ce n’est que c’est un grand philosophe et écrivain).

 

Désirant mettre fin à toute cette « inculture », je décidai de m’attaquer à l’œuvre de cette femme du siècle. Premier roman, les Mandarins (tome1). Fin de la Deuxième Guerre, un groupe d’amis, bourgeois, intello, de gauche et plutôt libertin se remettent en question et se cherchent dans la nouvelle réalité de l’après-guerre. Au centre du roman, un journal, L’Espoir, qui deviendra l’organe politique du S.R.L, un parti gauchiste qui se veut indépendant du parti communiste.  
Fait marquant pour moi, les femmes se disent libres, mais elles sont dépendantes de leurs amours, se veulent infidèles, mais n’aiment qu’un homme. Elles sont instruites, elles pourraient être indépendantes financièrement mais elles s’accrochent. Rien de vraiment féministe à mes yeux, contrairement aux fausses attentes que j’avais d’un roman de Simone de Beauvoir. 

 

Ce qui est intéressant, c’est le questionnement des personnages (pour la plupart journalistes et/ou écrivains) à savoir s’il est mieux d’utiliser leur talent dans le militantisme ou de continuer à écrire des romans. Quelle est la place de la littérature dans ce monde d’après guerre? Comment peut-on parler des belles choses quant on connaît toutes les souffrances que d’autres endurent? Qu’elle est l’importance des histoires personnelles quand on recherche le bien être collectif?

 

Bref, ces 506 pages m’ont ouvert l’appétit sur ce monde d’intellectuels français. Et sincèrement, beaucoup plus que je m’y attendais. J’attaquerai le Tome 2 très bientôt et je pourrai vous dire ce que je pense vraiment de l’œuvre, car même si je suis conquise présentement, il faudra que la conclusion m’inspire aussi. À suivre.

 

P.S. Ce livres fait parti de la liste des 1000 livres qu’il faut avoir lu dans sa vie, que je répertorierai sous la catégorie 1000 livres. Pas que j’ai la prétention de tous les lire, mais tant qu’à lire des livres au hasard aussi bien lire des livres qui ont été marquants. À date, je ne suis pas déçue.

 

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