D’abord réticente à l’idée de lire ce livre que se vendait comme des petits pains chauds, flairant un autre livre de recettes sur le bonheur, je ne voulais pas me farcir un second Secret et une 21e prophétie des Andes. Pourtant le concept biographie, changement de vie et voyages m’attirait. Je me suis donc lancée.
L’histoire est celle d’Elizabeth Gilbert, trentenaire, divorcée et déprimée, qui se refait une santé mentale, en passant quatre mois en Italie (mange), quatre autre dans un ashram en Inde (prie) et le reste de l’année à Bali avec un vieux sorcier (aime – Et pas nécessairement le vieux sorcier!).
Comme me disait ma mère : « c’est bien beau tout ça mais, ce n’est pas la réalité. Ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre de partir un an et de ne pas travailler comme cela ». Bon point. C’est pour ça aussi que c’est un roman. On ne lira pas la biographie de Mme. Tremblay qui s’est refait une santé, en se remettant au jogging et en décidant de s’acheter un petit chiot. Bien que ce soit, plus réel, sur 400 pages, c’est ennuyant.
Même si l’aventure de Mme. Gilbert n’est pas à la portée de toutes les bourses, elle essaime son livre de petits trucs qui lui ont permis de passer à travers ou de constats personnels sur ses échecs et possibles solutions. Ceux-ci peuvent être des pistes de réflexions pour celles d’entre nous qui vivent des moments plus noirs.
Le livre n’est pas humoristique à la Bridget Jones ou Shopaholic. C’est plutôt axé sur la croissance personnelle et les expériences de vie. Dès les premières pages, j’ai eu une petite crainte lorsqu’il était question de Dieu. J’ai immédiatement pensé à la droite religieuse américaine, et je me suis dit ça y est, ils ont maintenant envahit la littérature aussi. Mais finalement, ce n’est pas de la propagande, c’est d’un Dieu sans la religion qu’il est question. C’est plutôt de la force en soi et de tout ce qui est plus grand que nous qu’elle évoque lorsqu’elle parle de Dieu.
D’autres lectrices m’ont fait part de leur baisse d’intérêt lorsqu’Elizabeth raconte sa méditation dans l’Ashram. Cependant, moi j’ai trouvé ça intéressant et cela m’a donné envie de pousser un peu plus loin ma pratique de yoga.
Bref, le livre se lit bien, mais il faut envie de lire un peu sur la croissance personnelle. Ce n’est pas aussi divertissant qu’un roman policier ou la chick-litt. Mais, à mon avis, c’est drôlement mieux qu’un livre de croissance personnelle standard. Il y a quand même une histoire : son divorce, son copain qu’elle laisse, ses amis qu’elle rencontre. Un roman que je suggère à ceux qui trouvent que leur vie va trop vite.
Ajout : Le livre a été lu par plus de 5 millions de lectrices à travers le monde, dans 36 pays, et Julia Robert jouera bientôt Liz Gilbert sur le grand écran.