Quand j’ai commencé le livre Parfum de poussière, je croyais m’embarquer dans un livre qui relate la guerre au Liban. J’avais raison mais pas comme je le croyais. C’était à la guerre de 2006 que pensais, mais j’imagine que c’est plutôt de 1975-76 qu’on parlait. Quoiqu’il n’est pas question de date dans le livre et que je ne suis pas trop familière avec la politique libanaise.
Cependant, pas besoin d’être historien pour comprendre la détresse des personnages principaux, Bassam et George. Les deux jeunes hommes sont des petits voyous, qui profitent un peu du système, et ont de petits emplois. Dans cette guerre, ils ont perdu leurs proches, et rêvent d’un monde meilleur chacun à leur façon. George s’embarque dans les milices tandis que Bassam ne rêve que de fuir à l’étranger.
L’histoire est à l’image de la vie des deux jeunes hommes, et porte bien son titre. L’atmosphère est grise et lourde, sans couleur, comme les appartements détruits qui représentent si bien la guerre du Liban. C’est un roman de gars, où sa sent la sueur, la cigarette et l’alcool. Les femmes qu’on y rencontre n’amène pas l’amour et la beauté et ne font que passer. C’est pénible, comme l’est la guerre, qui d’ailleurs est omniprésente dans le livre. D’ailleurs, elle apporte la seule couleur du livre, le rouge sanguin.

C’est un roman bien écrit, avec la force des mots. Par contre, ce n’est pas la joie. Pas de réjouissances, une fin un peu trop rapide, et un personnage principal, Bassam, auquel on ne s’attache pas vraiment. Cependant, son portrait est réaliste. Il est si désabusé qu’il n’agit pas comme l’aurait fait un héros traditionnel. Sans doute représente-t-il une génération de jeune homme qui ont vécu la guerre. Et sans doute, après que l’on ait refermé les pages du livre part-il à la poursuite d’une vie meilleur avec un peu plus de couleur et moins de poussière. C’est ce qu’on lui souhaite.
L’opinion de la tourneuse de page.